Le 25 septembre 2026, le ministère du Travail a mis à jour sa fiche « Les risques liés aux grues à tour ». Collisions entre grues, chutes lors de l’accès à la cabine, renversement par vent violent : la fiche rappelle les risques et les moyens de prévention, dont la validité de l’autorisation de conduite du grutier. Décryptage par Starter Formation, Villefranche-sur-Saône, Rhône.
Ce que dit la fiche du ministère du Travail
Deux familles de grues à tour
Le ministère distingue deux catégories :
- GME : grue à montage par éléments, assemblée à l’aide d’un moyen de levage indépendant (une grue mobile) ;
- GMA : grue à montage automatisé, dépliée par un système hydraulique ou mécanique (treuils et câbles).
Leur capacité de levage s’exprime en tonne-mètre : c’est le produit de la charge levée à la portée maximale par cette portée maximale.
Quatre familles de risques
- La présence d’autres grues : risque de collision lorsque les zones d’action se recouvrent.
- L’accès à la cabine : risque de chute et de malaise lié à l’effort physique.
- Les intempéries : risque de renversement par vent violent lorsque la grue n’est pas mise en girouette.
- Les effets de site : rotation de la grue due aux perturbations du vent créées par les constructions voisines.
Les moyens de prévention cités
- s’assurer que la grue porte le marquage CE sur sa plaque d’identification ;
- veiller à la validité de l’autorisation de conduite du grutier ;
- contre les chutes : une échelle inclinée dont la volée ne dépasse pas six mètres, des paliers de repos tous les six mètres, et la possibilité d’installer un monte-grutier ;
- rechercher les effets de site (étude du sol, etc.) avant l’implantation, en tenant compte de la résistance du sol, du survol d’autres grues et de la vitesse du vent ;
- réaliser les vérifications de mise ou remise en service, puis les vérifications générales périodiques : tous les 12 mois pour les GME, tous les 6 mois pour les GMA ;
- faire un examen approfondi de l’état de conservation au moins tous les 5 ans, et consigner la maintenance dans un carnet prévu à cet effet ;
- éviter les interférences entre grues, les équiper d’un dispositif anti-collision et le tester.
Pour aller plus loin, le ministère renvoie à la brochure INRS ED 6338 « Les grues à tour » (2025).
Ce que dit la réglementation
Formation et autorisation de conduite
L’article R. 4323-55 du Code du travail réserve la conduite des équipements de travail mobiles automoteurs et des équipements servant au levage aux travailleurs qui ont reçu une formation adéquate. Cette formation doit être complétée et réactualisée chaque fois que nécessaire.
L’article R. 4323-56 subordonne la conduite de certains équipements à risques particuliers à une autorisation de conduite délivrée par l’employeur. L’article R. 4323-57 renvoie à des arrêtés pour fixer les catégories d’équipements concernées et les modalités de contrôle des connaissances et du savoir-faire.
Depuis le 1er octobre 2025 : l’attestation médicale remplace l’avis d’aptitude
Le décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 a modifié l’article R. 4323-56. L’autorisation de conduite n’est valable que si le salarié détient une attestation de non contre-indication médicale à la conduite. Elle est délivrée par le médecin du travail après un examen médical, valable cinq ans, et l’employeur en conserve une copie. Selon le ministère, cette attestation est attachée au salarié et le suit s’il change d’employeur pendant sa durée de validité. Elle vaut pour tous les types d’engins listés par les arrêtés du 26 septembre 2025. À titre transitoire, les avis d’aptitude délivrés sous l’ancien régime valent attestation pendant cinq ans à compter de leur délivrance.
Vérifications et registre de sécurité
L’article R. 4323-23 prévoit que des arrêtés fixent les équipements soumis à des vérifications générales périodiques. Pour les appareils de levage, c’est l’arrêté du 1er mars 2004. L’article R. 4323-25 impose de consigner les résultats sur le registre de sécurité.
Retour terrain : les erreurs fréquentes
- Confondre CACES et autorisation de conduite. Le certificat atteste d’un contrôle des connaissances. C’est l’autorisation écrite de l’employeur qui permet de conduire, et sa validité dépend désormais de l’attestation médicale.
- Laisser expirer l’attestation médicale ou l’ancien avis d’aptitude. Une autorisation de conduite sans attestation valide n’est plus valable. Un tableau de suivi des échéances évite les mauvaises surprises lors d’un contrôle.
- Négliger les vérifications au quotidien. Les vérifications périodiques ne remplacent pas les contrôles de prise de poste ni la mise en girouette quand la grue n’est pas utilisée. Ces gestes doivent être maîtrisés par chaque grutier.
Les bons réflexes
- tenir à jour, pour chaque conducteur, l’autorisation de conduite, la formation suivie et la date de l’attestation médicale ;
- planifier les vérifications générales périodiques selon le type de grue et archiver les rapports dans le registre de sécurité ;
- étudier l’implantation (sol, vent, grues voisines) avant le montage et installer un dispositif anti-collision si les zones d’action se recouvrent ;
- sécuriser l’accès à la cabine (échelle, paliers, monte-grutier) ;
- refaire une formation lorsque l’équipement ou les conditions d’utilisation changent, comme le prévoit l’article R. 4323-55.
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FAQ
Quelle est la périodicité des vérifications d’une grue à tour ?
Selon le ministère du Travail, les vérifications générales périodiques ont lieu tous les 12 mois pour une grue à montage par éléments (GME) et tous les 6 mois pour une grue à montage automatisé (GMA). Un examen approfondi de l’état de conservation est à réaliser au moins tous les 5 ans.
Qui délivre l’autorisation de conduite d’une grue ?
L’employeur, conformément à l’article R. 4323-56 du Code du travail. Depuis le 1er octobre 2025, cette autorisation n’est valable que si le salarié détient une attestation de non contre-indication médicale, délivrée par le médecin du travail.
L’attestation médicale suit-elle le salarié s’il change d’entreprise ?
Oui. Le ministère du Travail précise que l’attestation est attachée au salarié pendant ses cinq ans de validité. Le nouvel employeur n’a pas à organiser un nouvel examen pour la délivrer.
Qu’est-ce que la mise en girouette ?
C’est laisser la flèche de la grue libre de tourner au vent lorsque la grue n’est pas utilisée. Le ministère rappelle qu’une grue qui n’est pas en girouette s’expose au risque de renversement par vent violent.
Sources
- Ministère du Travail – Les risques liés aux grues à tour (mise à jour du 25/09/2026)
- Code du travail – Article R. 4323-55
- Code du travail – Article R. 4323-56
- Code du travail – Article R. 4323-57
- Code du travail – Article R. 4323-23 et R. 4323-25
- Ministère du Travail – Le décret du 18 avril 2025 (conduite d’engins, risque électrique)