Ce que dit l’INRS : une filière en forte croissance, des risques multiples
L’INRS rappelle que le solaire photovoltaïque connaît une forte croissance en France, avec une puissance installée de 33 GW en 2026 et un objectif de doublement à l’horizon 2035. De nombreuses entreprises se lancent dans la pose de panneaux sans toujours bien connaître la prévention des risques associés. L’institut identifie quatre grandes familles de risques sur les chantiers de pose et de maintenance :
- Les chutes de hauteur, l’un des risques majeurs de la filière, le plus souvent à travers le toit ou en bord de rive. La priorité va à la protection collective (échafaudages, garde-corps périphériques) installée avant le début des travaux, après vérification de l’état de la charpente et de la couverture.
- Les risques électriques : électrisation, électrocution et brûlures par arc électrique. Les opérations doivent être confiées à des opérateurs compétents et habilités, formés aux spécificités du photovoltaïque : courant continu, connecteurs spécifiques, risque d’arc. L’installation doit être découplée du réseau avant toute intervention. Le travail sur toiture expose aussi au voisinage des lignes électriques aériennes.
- Les troubles musculosquelettiques, liés à la manutention de panneaux de plus en plus lourds et encombrants. L’INRS recommande des moyens d’acheminement adaptés (monte-charges, chariots télescopiques) et le portage à deux.
- Les fortes chaleurs : rayonnement direct et chaleur réverbérée par la couverture exposent les poseurs aux malaises et à la déshydratation. L’employeur doit adapter quotidiennement ses mesures (horaires, eau fraîche…).
Dans son dossier métier, l’INRS ajoute le risque d’incendie (arc électrique à l’ouverture d’une chaîne de panneaux en charge, connexions mal serrées ou corrodées), l’amiante, le bruit et les coupures.
Nouveauté : l’INRS et l’Assurance maladie – Risques professionnels proposent un outil en ligne OiRA dédié à la pose et à la maintenance de panneaux photovoltaïques. Il permet d’identifier les risques par activité, de consulter des mesures de prévention adaptées puis de télécharger son document unique (DUERP) et un plan d’actions.
Ce que dit la réglementation
Évaluer les risques et les transcrire dans le document unique
L’article L. 4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs, notamment par des actions d’information et de formation. L’article R. 4121-1 exige de transcrire et mettre à jour les résultats de l’évaluation des risques dans le document unique. L’outil OiRA de l’INRS est justement conçu pour faciliter cette étape.
L’habilitation électrique, obligatoire pour intervenir
Selon l’article R. 4544-9, les opérations sur les installations électriques ou dans leur voisinage ne peuvent être effectuées que par des travailleurs habilités. L’article R. 4544-10 précise que l’habilitation est délivrée par l’employeur, après s’être assuré que le travailleur a reçu une formation théorique et pratique, et selon les modalités des normes visées à l’article R. 4544-3, c’est-à-dire la norme NF C 18-510. Depuis le 1er octobre 2025, lorsque l’habilitation autorise des opérations au voisinage de pièces nues sous tension, sa validité est subordonnée à une attestation de non contre-indication médicale.
La NF C 18-510 consolidée (amendements A1 et A2) prévoit des dispositions propres au photovoltaïque : le symbole BP (opérations BT élémentaires sur une chaîne PV, lors de l’installation initiale) et l’habilitation BR avec champ d’application « photovoltaïque » mentionné sur le titre, pour les interventions BT générales sur ces installations.
La protection collective avant le harnais
Pour les travaux temporaires en hauteur, l’article R. 4323-59 prévoit des garde-corps (entre 1 m et 1,10 m, avec plinthe, main courante et lisse intermédiaire) ou tout moyen assurant une sécurité équivalente. Ce n’est qu’à défaut de protection collective que l’article R. 4323-61 autorise un système d’arrêt de chute individuel ; le travailleur ne doit alors jamais rester seul.
Limiter la manutention manuelle
Lorsque la manutention manuelle ne peut être évitée, l’article R. 4541-5 impose à l’employeur d’évaluer les risques et d’organiser les postes, notamment en mettant à disposition des aides mécaniques.
Retour terrain : les erreurs fréquentes
- Considérer les poseurs comme des « couvreurs » sans habilitation. Dès que l’équipe connecte des modules ou des connecteurs d’une chaîne PV, on est dans une opération d’ordre électrique : une habilitation adaptée est nécessaire.
- Oublier que le courant continu ne se coupe pas comme le réseau. Un panneau exposé à la lumière produit de la tension : déconnecter l’onduleur ne met pas la chaîne hors tension. C’est l’une des spécificités PV que l’INRS demande de maîtriser.
- Tout miser sur le harnais. La réglementation donne la priorité aux protections collectives ; l’équipement individuel n’est qu’un recours lorsque celles-ci sont impossibles.
Les bons réflexes
- Réaliser ou mettre à jour l’évaluation des risques avec l’outil OiRA photovoltaïque de l’INRS.
- Vérifier l’état de la toiture et installer les protections collectives avant de monter.
- Faire habiliter les opérateurs selon la NF C 18-510, avec les symboles PV adaptés à leurs tâches.
- Découpler l’installation du réseau avant toute intervention et repérer les lignes aériennes à proximité.
- Prévoir des moyens de levage pour les panneaux et le portage à deux.
- Adapter chaque jour l’organisation en cas de forte chaleur.
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FAQ
Faut-il une habilitation électrique pour poser des panneaux photovoltaïques ?
Oui, dès que l’opération touche à la partie électrique de l’installation. Le Code du travail (art. R. 4544-9) réserve ces opérations à des travailleurs habilités, et la NF C 18-510 prévoit des symboles spécifiques au photovoltaïque, comme le BP pour les opérations élémentaires sur une chaîne PV.
Qu’est-ce que l’outil OiRA photovoltaïque de l’INRS ?
C’est un outil en ligne proposé par l’INRS et l’Assurance maladie – Risques professionnels. Par une série de questions, il aide à identifier les risques de la pose et de la maintenance de panneaux, propose des mesures de prévention et permet de télécharger son document unique et un plan d’actions.
Le harnais suffit-il pour travailler sur un toit ?
Non. La protection collective (garde-corps, échafaudage) est prioritaire (art. R. 4323-59). Le système d’arrêt de chute n’est utilisé que si elle est impossible, et le travailleur ne doit jamais rester seul (art. R. 4323-61).
Quels sont les principaux risques sur une installation photovoltaïque ?
Selon l’INRS : chutes de hauteur, électrisation et brûlures par arc électrique, troubles musculosquelettiques et coups de chaleur, auxquels s’ajoutent l’incendie, l’amiante, le bruit et les coupures.
Sources
- INRS – Installations photovoltaïques : prévenir les risques professionnels (17/07/2026)
- INRS – Dossier Installations photovoltaïques
- INRS – Outil OiRA d’évaluation des risques
- INRS – ED 137, Pose et maintenance de panneaux solaires thermiques et photovoltaïques
- Code du travail – Article R. 4544-10
- Code du travail – Article R. 4323-61